Le delta est soumis à des pressions croissantes. Les barrages en amont et les aménagements d’irrigation ont déjà réduit les crues maximales jusqu’à 16 % les années sèches, diminuant sensiblement les prises de poisson et les pâturages. Le barrage prévu de Fomi en Guinée, s’il était construit, pourrait réduire l’étendue des crues de plus de 2 000 km² dans la moitié des années, avec à la clé une baisse potentielle de 30 % du commerce du poisson et d’un quart des rendements de mil. Ces projets permettent de produire de l’hydroélectricité et du riz en amont, mais ils font peser des risques existentiels sur les communautés en aval.
Le changement climatique accentue ces menaces. Des précipitations plus variables, des températures en hausse et une évaporation accrue réduisent la disponibilité en eau. Le delta, autrefois un tampon fiable contre la sécheresse, se rétracte. Combinée à une croissance démographique rapide, cette situation alimente la concurrence pour des terres et de l’eau rares, intensifiant les tensions locales.